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Bisevac rejoint Lyon où Reveillère reste

Annoncée depuis maintenant une semaine l’arrivée du défenseur bosniaque Milan Bisevac à Lyon est désormais officielle. Le club de Jean-Michel Aulas obtient la signature du défenseur de 27 ans contre un chèque de 2,75 millions d’euros (+500 000 euros de bonus) tout en conservant leur défenseur latéral droit Anthony Reveillère. En effet, celui qui a participé au dernier euro avec les bleus a été recalé par les médecins du club parisien lors de la visite médicale qu’il a effectué ce jeudi à Paris.

Dès lors, l’Olympique Lyonnais semble réaliser une excellente opération. En recrutant un défenseur central du niveau de Milan Bisevac pour un prix dérisoire, Jean-Michel Aulas peut se targuer d’avoir réussit un grand coup d’autant plus que son association avec Dejan Lovren apparaît complémentaire et s’annonce comme une des meilleures charnières centrales du championnat de France. Un sacré avantage quand on sait combien cette défense centrale a été impliquée dans les résultats décevants de l’Olympique Lyonnais la saison passée.

Dans la conclusion des transferts, il est rare que les deux clubs qui réalisent la transaction se retrouvent renforcés simultanément. C’est toutefois ce que pensaient réaliser les dirigeants parisiens et lyonnais en procédant à l’échange entre Bisevac et Reveillère. L’arrivée de ce dernier au PSG ayant été avortée, il convient de s’interroger sur l’équilibre de ce transfert.

L’Olympique Lyonnais ressort de ce transfert évidemment plus fort sur le plan sportif. En l’état actuel des choses, Lyon présente une ligne défense particulièrement solide.

Reste à savoir si Hugo Lloris ne quittera pas Gerland avant la fin du mercato si Lyon ne parvient pas à alléger sa masse salariale en se séparant des indésirables. Encore faudra t-il qu’un club veuille bien accueillir le portier lyonnais, qu’il accepte de payer le prix exigé par Jean-Michel Aulas ou que ce dernier consente à vendre Lloris à moins de 15 millions d’euros.

De son côté le Paris-Saint Germain se sépare d’un joueur qui ne devait pas occuper une place de titulaire mais qui était l’idéal type d’un joueur de complément dans l’effectif d’un club aspirant à jouer les premiers rôles sur la scène européenne. Pouvant jouer latéral droit ou défenseur central, Milan Bisevac était une solution de remplacement dans l’axe, mais surtout le back-up de Jallet sur le côté droit. Avec l’échec du transfert de Reveillère, le PSG se retrouve sans solution de remplacement à droite, et dans l’obligation de recruter un tel joueur de complément avec la somme dérisoire que le club a reçu pour le transfert de Bisevac. Bien que le PSG soit à mille lieux de rencontrer des difficultés financières, cette opération ne restera pas dans les anales de la gestion du club parisien par les Qataris. Il est d’ailleurs significatif que les dirigeants parisiens n’aient pas cherché à augmenter la somme que devait leur verser Lyon pour la venue de Bisevac à partir du moment où ils ne recrutaient pas dans le même temps Anthony Reveillère. Mais si le PSG réalise une mauvaise opération en se séparant d’un excellent joueur de club contre une somme dérisoire sans remplaçant, est-ce que le club rhône alpin réalise lui une si bonne opération? Il est permit d’en douter à plusieurs égards.

Tout d’abord, quid de l’état de santé de Reveillère? Il n’est pas anodin que les médecins du clubs parisiens recalent un joueur comme Anthony Reveillère qui va sur ses 33 ans. Dans quel état les médecins lyonnais vont-ils retrouver leur joueur? Quel est le motif qui a conduit les médecins parisiens à s’opposer à la venue d’un joueur qui a disputé un quart de finale du championnat d’Europe des Nations en juin dernier? Par ailleurs, si Lyon avait consenti à intégrer un de ses joueurs historiques (un des rares qui restent avec Cris que la venue de Bisevac devrait pousser un peu plus vers la sortie) ce n’était pas à regret face aux sollicitations parisiennes. Mais bien au contraire parce que le club a besoin d’alléger sa masse salariale et qu’en l’occurrence l’échange Reveillère-Bisevac permettait à Jean-Michel Aulas de se séparer d’un salaire colossal. Bilan de l’opération, alors que Lyon cherchait à faire des économies, le club doit régler un transfert, et se retrouve avec le salaire de Reveillère sur les bras auquel il convient désormais d’ajouter celui de Bisevac.

L’Olympique Lyonnais ayant déjà maximisé ses revenus propres notamment en matière de sponsoring maillot où les dirigeants lyonnais ont après Betclic, convaincu Everest Poker de s’afficher sur le torses des gones. Le vrai-faux départ de Reveillère contraint donc l’OL à accélérer la vente d’autres joueurs. Michel Bastos est un candidat au départ depuis le début de l’année civile, mais le brésilien ne trouve pas preneur. Les discussions avec le club qatari d’Al-hain s’enlisent. Les candidats à l’arrivée de Cris ne se bousculent pas. Les offres pour Aly Cissokho, bien que plus en rapport avec le niveau du joueur, sont dérisoires par rapport au prix consenti par l’OL pour arracher sa venue en provenance du FC Porto il y a deux ans. Contraint de se séparer rapidement de quelques gros salaires, Jean-Michel Aulas devrait être moins habile pour vendre ses joueurs à un bon prix…surtout quand le PSG n’en veut pas même quand on lui les offre.

Cette affaire confirme un peu plus que le PSG n’évolue plus dans la même dimension que l’ancien hégémon du football français. Le Paris Saint-Germain s’est séparé de Milan Bisevac avant tout pour libérer une place d’extra-communautaire (en réalité le bosniaque aurait du obtenir la nationalité française au cours des mois à venir, mais le PSG a préféré ne pas être dépendant des démarches administratives) que viendra occuper dès janvier Lucas Moura qui a signé au club contre un chèque de 43 millions d’euros.