Débats Sports

Mais que faire de ce pick 2 ?

 

Les Lakers ont conservé leur choix lors de la lottery NBA. Ils sélectionneront en numéro 2 derrière les Sixers. Plusieurs options se présentent pour le front office des Angelinos.

Tout d’abord, les Lakers gardent leur choix. Cette draft voit se détacher 2 gros prospects. Les Sixers devraient en choisir un des 2, les Lakers se contenteront de choisir l’autre. Ces 2 prospects sont Ben Simmons (LSU) et Brandon Ingram (Duke).

Nous avons le plaisir d’avoir l’avis de Julien du site Midnight on Campus (http://midnightoncampus.com). Ce site parle de NCAA notamment le basket mais pas que, il a suivi toute la saison et nous en dira plus à propos de ces 2 joueurs.

 

Ben Simmons  (SF/PF): 2m08, 109kgs, 19 ans, Australien

Stats NCAA : 19.2pts à 56% au shoot, 11.9rbds, 4.8pds, 2 int, 3.1 TO en 35mins

Numéro 1 dans la mock draft de DraftExpress

Ses forces :

Simmons est un prospect dont on a entendu parler depuis un moment. D’un point de vue statistique, il a sorti une grosse saison en devenant le premier joueur depuis Ron Harper en 1986 à afficher 19pts, 11rbds et 4pds de moyenne. Son plus gros atout est son physique. Il est très fluide dans ses mouvements malgré sa taille. Il est également très rapide, ce qui lui permet de prendre un rebond défensif et de se projeter vite, ce qui fait de son jeu en transition une de ses principales forces. Sur le jeu en demi terrain, il possède une belle vision du jeu, ce qui lui permet de trouver des coéquipiers ouverts lorsqu’il fait face à des prises à 2. Il a également un très bon handle. Enfin, il peut scorer efficacement à l’intérieur, grâce à son hook, son footwork, sa vitesse et sa créativité.

Ses faiblesses :

La saison dernière en NCAA, il a connu des difficultés lorsque son défenseur se reculait un peu pour défendre sur lui. Il se montrait très passif dans cette situation en attaquant peu le cercle, et son jump shot n’est pas efficace. De plus, sa longueur pourrait lui poser problème en NBA. Il possède également une mentalité douteuse. Il ne s’investit que très peu à 100% lorsqu’il est sur le terrain. Il a failli lorsqu’il fallait être le leader de son équipe lors des matchs importants.

 

Crédit image : Rob Foldy

Crédit image : Rob Foldy

L’avis de Julien :

Ben Simmons est une énigme, lui qui est arrivé en NCAA avec l’étiquette de futur grand. Cependant, sa transition High School -> NCAA ne s’est pas forcément passée comme prévu. Son arrivée était censé booster LSU, faisant de l’université un candidat crédible au titre final. Mais la vérité sur le parquet a été bien différente…

Tout d’abord, on le sait bien, Simmons ne possède pas une mécanique de tir fiable, prenant rarement des tirs extérieurs voir à mi-distance. Du coup, son défenseur direct (sauf quand c’était une défense de zone en face) savait comment défendre sur lui, le rendant moins prévisible. Il a eu aussi tendance à s’effacer lors des money time, lorsque son équipe avait vraiment besoin de lui. Si l’on rajoute une attitude sûr et en dehors des parquets assez détestable (séchage de cours, un léger mépris avec ses coéquipiers sauf Antonio Blackeney, qui sont proches tous les deux), le stéréotype type du joueur one-and-done. Et c’est dommage de donner une telle image car la personne est différente de ce que l’on a pu voir de lui. Sur ce point, le Head Coach a sa part de responsabilité, surtout lorsque l’on sait qu’il avait de l’affinité avec le clan Simmons et donc aucune autorité sur lui.

Mais Ben Simmons, ce n’est pas que ça, non non. C’est aussi un joueur classe, qui donne l’impression de jouer avec ses amis sur un playground tellement il paraît facile. Rapide, handle efficace, bonne vision du jeu, le tout pour un joueur qui joue au poste 4, c’est assez rare pour être souligné. On sait pertinemment que Simmons n’a pas étalé tout son talent sur cette année en College Basketball, ce qui laisse présager pourquoi pas des belles surprises. Le potentiel est là, mais il faudra du temps pour que Simmons devienne un vrai joueur. Du temps et être encadré correctement car il arrive avec le statut d’une future star avec l’argent qui va déjà couler à flots…

 

Brandon Ingram (SF) : 2m06, 88kgs, 18 ans, Américain

Stats NCAA : 17.3pts à 44.2 au shoot dont 41 à 3pts, 6.8rbds, 2pds, 1.1 int, 2TO en 35mins

Numéro 2 dans la mock draft de draftExpress

 Ses forces :

La première d’entre elles, c’est son physique. Il mesure 2m06, il a de longs bras ( 2m21 d’envergure, soit autant que Giannis Antetokumpo ou Kawhi Leonard) ; ce qui lui permet de shooter au dessus de son défenseur sans souci. Il a été un des dépositaires du jeu de Duke cette saison ; il sait très bien jouer le 1 contre 1, le pick and roll, ou le jeu en transition. Son shoot est fiable (jumpshoot ou catch & shoot). Enfin, de par son physique, ses adversaires seront confrontés à des mismatch, car il est trop grand pour des SF ou trop rapide pour des PF. Ses capacités lui donnent également un bon potentiel en défense.

Ses faiblesses :

Il a démontré une certaine inconsistance en défense au cours de la saison passée. Il peut être rugueux mais il peut perdre sa concentration et mettre beaucoup moins d’intensité. Ensuite, il faudra voir s’il a la capacité d’être aussi créatif en attaque contre les meilleures défenses de la NBA. Enfin, c’est un joueur très jeune ; il faudra qu’il soit bien encadré et accompagné pour qu’il puisse exploiter le maximum de son potentiel.

 

Crédit : Lance King / Getty Image

Crédit : Lance King / Getty Image

L’avis de Julien :

Je vais rejoindre bon nombre de spécialistes qui disent cela (même si je n’aime pas du tout les comparaisons), mais Brandon Ingram ressemble en tout point à Kevin Durant lors de son arrivée au sein de la grande ligue. Un physique atypique comme vous avez pu le lire un peu plus haut, joueur complet offensivement, ras sur ce côté-là. Excellent shooteur à longue distance (41% à trois points), il va devoir quand même s’adapter aux lignes NBA, qui sont un tout petit plus loin que celles en NCAA. Lorsque l’on voit les pourcentages de ses tirs sur sa saison, on voit que le joueur de Duke a une préférence pour le côté gauche du parquet, shootant à quasiment 50% à trois points (à 45°). C’est un joueur qui affectionne joué sur sa main gauche, surtout ses un contre un, profitant de son physique pour battre son adversaire direct dès les premiers pas.

Offensivement, Brandon Ingram est un joueur complet et ô combien redoutable, mais ce qui fâche un peu, c’est sa défense. Certes, ce n’est pas le pire défenseur en College Basketball, mais si l’on doit pointer du doigt un aspect de son jeu à travailler, c’est bien celui-là. Son envergure gène son adversaire direct, c’est indéniable. Le fait aussi qu’il puisse accompagner et switcher sur les écrans est un atout, mais il a quand même tendance à ne pas se donner à fond sur l’homme, préférant subir pour essayer de contrer plutôt que d’empêcher une pénétration au cercle. On peut comprendre aussi qu’avec une seconde lame comme Marshall Plumlee, on puisse ne pas se donner à 300% en défense, mais quand même, il va devoir travailler sur cet aspect pour pouvoir avoir un vrai rôle dès ses premiers matchs en NBA. Mais là aussi, le potentiel est bien présent et il aura un impact certain dès sa première année en NBA.

 

Et si les Lakers tradaient le second pick ?

En effet, il n’est pas dans la tradition de la franchise de se reconstruire par la draft. Il y a eu plusieurs rumeurs au sujet d’un trade du pick des Angelinos le soir de la draft ; notamment pour Jimmy Butler (Chicago Bulls) ou Paul George (Indiana Pacers). Nul doute que le board des Lakers sera à l’écoute des offres, et si un deal intéressant se présente ils agiront mais pour l’instant la tendance serait de garder ce choix.

Pour rappel, la draft aura lieu dans la nuit du jeudi 23 Juin 2016; nous serons évidemment en live sur Twitter pour vous faire vivre l’événement.